L’histoire de Savanah
Je m’appelle Savanah, et je suis ici aujourd’hui parce que je voulais partager avec vous comment La Fondation Sashbear a transformé ma famille et ma vie.
Pour vous aider à comprendre à quel point je suis reconnaissante envers Sashbear, je vais commencer par vous parler un peu de moi et de mon parcours avec le trouble de personnalité limite.
Dès mon enfance j’ai commencé à montrer des signes de dysrégulation émotionnelle. Et même si les sautes d’humeur et l’angoisse sont souvent considérées comme « normales » à l’adolescence, en arrivant au secondaire, ça a pris une ampleur complètement différente pour moi. Mes émotions me contrôlaient, littéralement, et elles étaient tellement intenses que j’avais de la peine à simplement exister dans mon propre corps.
Bref, j’ai fini par manquer l’école, perdre des amis et j’ai commencé à m’autodétruire. Tout me faisait mal, et dans mes pires moments, j’ai été hospitalisée environ neuf fois dans une seule année scolaire. Et au plus fort de mes souffrances, on a posé un diagnostic de TPL. Depuis, j’essaie de le gérer du mieux que je peux.
Bien des choses ont changé depuis, et Sashbear a joué un rôle énorme dans mon rétablissement. Voici comment :
Comme plusieurs d’entre vous le savent sûrement, peu importe la quantité d’eau ou de soleil qu’on donne à une fleur, elle ne pourra jamais s’épanouir si elle est plantée dans le mauvais type de terre. Avant que ma mère suive le programme Connexions familiales de Sashbear, en 2019, c’est comme ça que je me sentais chez nous. J’étais une petite plante qui luttait pour survivre, et tout le monde cherchait à me donner du soleil et de l’eau, mais personne n’avait pensé au type de terre qui pourrait me convenir.
Sashbear est l’organisme grâce auquel les choses ont changé.
Quand ma mère a découvert Connexions familiales, j’avais déjà vu une multitude de spécialistes, essayé des dizaines de médicaments, et appris mille et une stratégies d’adaptation, mais rien ne parvenait à prévenir mes séjours à l’hôpital.
Étant toute jeune à l’époque, je n’étais pas capable de gérer moi-même mes émotions intenses. J’avais besoin de soutien constant, et la seule personne prête à me l’offrir, c’était ma mère.
Le problème, c’est que malgré toute sa bonne volonté, elle n’avait pas encore les outils ni les compétences nécessaires pour m’aider efficacement. Ça ne veut pas dire qu’elle ne faisait pas de son mieux (même si je n’étais pas capable de le reconnaître à l’époque), mais souvent, sans le vouloir, elle mettait de l’huile sur le feu et, comme je l’ai dit, je n’étais pas capable de gérer les flammes.
Pour reprendre ma métaphore, ma mère était ma terre acide. Elle n’y pouvait rien vraiment, et en même temps, notre relation et l’environnement familial nuisaient à mon rétablissement.
Connexions familiales a été la première étape pour briser ce cycle, et ce, de plusieurs façons.
Le changement le plus évident, c’est quand elle a commencé à mieux comprendre mon trouble, et les compétences essentielles qu’elle a acquises ont contribué à désamorcer nos conflits. Elle a compris qu’elle ne saisirait peut-être jamais entièrement mes réactions explosives, et en même temps, elle a appris qu’elle pouvait les valider, parce que pour moi, elles étaient bien réelles.
Je pense aussi qu’il est important de souligner que l’impact de Connexions familiales ne s’est pas arrêté là. Une des meilleures choses que le programme nous a données, c’est la preuve indéniable que ma mère était de mon côté et qu’elle faisait tout en son pouvoir pour m’aider, même si elle ne maîtrisait pas encore entièrement les nouvelles compétences.
Mais comprenez-moi bien, nos problèmes ne se sont pas envolés du jour au lendemain, mais aucune émotion irrationnelle ne pouvait plus me convaincre qu’elle ne m’aimait pas. Et ça, ça m’a beaucoup protégée quand j’étais submergée par mon esprit émotionnel.
Ça a aussi jeté les bases de la relation que nous avons aujourd’hui, une relation bien meilleure que ce que j’aurais pu imaginer à l’époque. D’ailleurs, quand je suis à l’école, je l’appelle pratiquement tous les jours durant mes 40 minutes de route, et on jase de tout et de rien.
Un autre bienfait du programme Connexions familiales, c’est le sens de communauté qu’il a donné à ma mère, ce qui, par ricochet, m’a fait sentir beaucoup moins seule dans mes difficultés. En lui donnant l’occasion de plonger dans mon monde, ça nous a rapprochées, et La Fondation Sashbear est devenue ma communauté à moi aussi.
Savoir qu’elle était soutenue par des personnes vivant des défis semblables diminuait la culpabilité et la honte que je ressentais d’être un si gros fardeau. Je n’avais plus l’impression de l’isoler en raison de mon trouble. Elle avait désormais un espace où elle pouvait être entendue, comprise et validée. Je suis sûre que la plupart d’entre vous avez déjà entendu l’expression « on ne peut pas remplir le verre de quelqu’un quand le nôtre est vide », et je pense que cet espace-là lui a permis de se ressourcer, ce qui a renforcé notre appréciation pour Sashbear à toutes les deux.
Mais en fin de compte, je crois que ce que La Fondation Sashbear nous a surtout offert, c’est de l’espoir. Quand elle a commencé le programme Connexions familiales, ça faisait longtemps qu’on n’avait plus d’espoir. CF n’a peut-être pas changé le fait que mon monde et mes émotions sont encore souvent chaotiques et imprévisibles, mais le programme nous a donné l’espoir d’une meilleure relation et d’un avenir meilleur.
La Fondation Sashbear et le programme Connexions familiales ont aidé à équilibrer le pH du sol dans lequel j’étais plantée, et sans cela, je suis convaincue que je perdrais encore des feuilles aujourd’hui. Ma relation avec ma mère est devenue essentielle à mon processus de guérison, et même si tout n’est pas parfait, j’aime ma mère et elle est ma première alliée. Essentiellement, Sashbear nous a donné une chance de reconstruire notre relation, et pour ça, je leur dois littéralement la vie.
Et si certains aimeraient le savoir… Ça fait un peu plus de deux ans que je n’ai pas été hospitalisée. Je suis à l’université, j’assiste à TOUS mes cours, et j’ai enfin commencé à trouver ce sens à la vie qui me manquait tant.
Je n’ai plus besoin d’être surveillée constamment pour survivre (ce qui est assez incroyable quand on pense qu’à un moment donné, mes parents devaient presque « sécuriser » toute la maison, comme pour un petit enfant). En fait, j’habite seule depuis un an et demi. Oui, j’ai encore des défis à surmonter, mais je suis encore là, et j’en suis immensément reconnaissante.
Je ne veux pas vous donner l’impression que tout a changé d’un coup. J’ai fait beaucoup de travail moi-même pour en arriver là, mais Sashbear a aidé à stabiliser la base sur laquelle j’ai pu bâtir. Sans ça, je ne crois vraiment pas que je serais où j’en suis aujourd’hui.
Pour terminer, je veux dire à toutes les personnes et familles qui traversent des moments difficiles qu’une vie qui vaut la peine d’être vécue, c’est réellement possible. Si on me l’avait dit il y a sept ans, j’aurais probablement hoché la tête pour faire plaisir, mais je ne l’aurais jamais cru. J’avais l’impression que rien ne pourrait jamais apaiser mes souffrances. Et même s’il n’y a rien que je puisse dire pour faciliter votre expérience, je peux vous dire que je suis vraiment heureuse d’être rendue là où je suis. Le changement est possible, et ça vaut la peine de se battre.
Merci à tous et à toutes d’avoir pris le temps d’écouter mon histoire et merci d’être ici aujourd’hui pour soutenir la fondation qui transforme littéralement la vie de milliers de personnes comme moi.

