

Kate
Bonjour, Je m’appelle Kate Fudge, et c’est un honneur pour moi de vous parler aujourd’hui de mon expérience personnelle.
Si vous aviez dit à la Kate de 17 ans que je serais ici, debout devant vous, à vous parler, je vous aurais probablement ri au nez… puis j’aurais pleuré… puis je vous aurais demandé si vous aviez un canapé où je pourrais dormir.
À cette époque, rêver grand n’était pas dans les cartes. Je vivais pour survivre.
J’ai grandi dans une maison remplie de souffrances. J’ai connu la dysrégulation émotionnelle très tôt et j’ai développé des comportements qui, en prenant un peu de recul, étaient des appels à l’aide désespérés. Mais au lieu de recevoir de l’aide, c’est de la discipline que j’ai reçue.
Et quand on vit dans une famille où tout le monde a déjà de la peine à gérer ses émotions, nos propres difficultés ne sont pas seulement ignorées, elles sont punies.
Ce cycle a continué jusqu’à ce que mes parents en aient marre de mon comportement. Et à 17 ans, ils me jetaient à la rue.
Je me suis retrouvée seule en ville. Sans diplôme. Sans direction, sans argent et sans filet de sécurité. J’ai fini par décrocher un petit emploi en service à la clientèle. J’avançais, comme un robot… je me levais, j’allais au travail, je rentrais, je me couchais et je recommençais.
La thérapie? C’était un luxe que je ne pouvais même pas imaginer. Je n’avais pas les moyens d’acheter de la nourriture, alors payer pour des séances de thérapie dans lesquelles déballer mes années de traumatisme était impensable.
Quand les choses devenaient trop difficiles, et ça arrivait souvent, je me tournais vers les substances. C’est comme ça que je faisais face à mes problèmes.
Et puis, en 2017, j’ai pris une décision qui a tout changé. J’ai tout arrêté. J’ai décidé de reprendre ma vie en main, et je n’ai plus jamais regardé en arrière.
Un jour, j’ai reçu un diagnostic de symptôme de stress post-traumatique complexe. Pour la première fois, j’avais des mots pour décrire ce que je ressentais. Ce n’était pas seulement du chaos et je n’étais pas brisée. J’étais blessée. Et une blessure, ça se guérit.
À force de travail et de persévérance, j’ai gravi les échelons au travail, jusqu’à occuper un poste de direction. Et à 31 ans, j’ai enfin pu me payer une thérapie.
C’est là que les choses ont vraiment commencé à changer. J’ai entrepris le vrai travail : comprendre, guérir, apprendre.
J’ai rejoint un groupe et j’ai commencé à partager mon histoire. Et c’est là que quelqu’un m’a dit : « Tu devrais faire du bénévolat avec Sashbear. »
Alors je l’ai fait, et ma vie a complètement changé.
Au début, je faisais simplement du bénévolat pour les marches. Au cours des deux dernières années, j’ai voyagé à travers le pays pour participer à neuf marches différentes, pour faire des vagues pour soutenir Sashbear.
Rencontrer toutes ces personnes dans le cadre de ces marches m’a apporté quelque chose que je n’avais jamais eu en grandissant : une communauté. Pas seulement des visages remplis de gentillesse, mais des gens qui te voient vraiment, même quand tout est en désordre ou difficile.
Ensuite, j’ai suivi le programme Connexions familiales. Et laissez-moi vous dire, dire que ce programme est transformateur est un euphémisme. J’ai utilisé les compétences que j’y ai apprises pour reconstruire ma relation avec ma famille. Cette relation est-elle parfaite? Bien sûr que non. Mais maintenant, nous sommes imparfaits ensemble, et c’est ça qui compte.
Par-dessus tout, j’ai trouvé l’espoir.
L’espoir qu’en partageant ces compétences, je pourrais aider d’autres familles à construire des ponts plutôt que des murs.
L’espoir que d’autres enfants n’aient pas à vivre une vie de souffrances ou à être laissés à eux-mêmes pour mener leur bataille en silence, comme j’ai dû le faire.
Parce que la vérité, c’est que guérir ne devrait pas être un luxe. Et le soutien ne devrait pas être un privilège.
Grâce à Sashbear, et grâce à vous tous, cela ne l’est plus.
